Divagations en La mineur

Extrait d’un recueil de poèmes datant du début du Deuxième Âge, trouvé dans une tombe anonyme du pays d’Arop et intitulé “Divagations en La mineur”.

Note du transcripteur : Le style de l’auteur varie beaucoup d’un poème à l’autre et emprunte des formats de poème variés venant de pays et d’époques très différentes. Néanmoins, les thématiques restent très similaires dans la globalité du texte, ce qui laisse penser qu’il s’agit bien d’un auteur unique et non plusieurs auteurs. Il est néanmoins impossible de se prononcer avec certitude.

Note du transcripteur : un certain nombre de feuillets ont été rendus illisibles à cause de l’humidité.


Les voix du fleuve

D’où vient cette musique annonçant le trépas ?
Cette philharmonie d’où retenti le glas ?
Quelques sourds violoncelles, une boîte à musique,
Sont-ils le prélude d’un requiem tragique ?

Ce sont des dissonances instiguant la souffrance
Et conduisant les âmes à la désespérance,
Une fanfare qui fourvoie en fulminant
Et qui veut aveulir la vigueur des vivants.

Laissons couler nos peines dans l’onde insipide,
Buvons cette eau amène à l’arrière goût acide,
Plongeons dans la fontaine et ses remous fétides,
Embrassons cet éden et ses flots génocides.


Rencontre avec un Psychopompe

Ma volonté morte
Me supplie d’abandonner;
On frappe à la porte.

Avec précaution
Je me force à avancer;
Sans invitation.

Sur le noir chemin
On m’agresse violemment;
Un étranger vient.

Couvert de blessures
J’échoue et je chois, mourant;
Divine figure.

Je suis allongé
Et redeviens silencieux;
Salut échangé.

Une lueur brève
Apparaît devant mes yeux;
La fin de mon rêve.


Joie invisible

Harmonie millénaire emplissant mon organe !
Enhardie par mes pairs ambroisant les profanes,
Ravie par le tonnerre éclatant mes membranes,
Tu fais vivre et enterres tous les mélomanes.

Ondulation gracieuse exultant de foi,
Définition du beau, du parfait, de l’émoi
Je veux, pour l’éternité, me lier à toi,
Mais tu es la seule maîtresse de ta voix.

Alors je caresse tes enfants mécaniques
Chantants la complainte de ma vie ironique
Je fais vibrer, jouir tes organes acoustiques
Pour invoquer ta divine essence phonique.

Puisse-tu m’accompagner, de plus en plus fort
Au cours de ma vie, mes joies, mes peines et ma mort
Reste avec moi, juste quelques instants encore,
Ainsi, fatiguée mais apaisée, je m’endors.


Haikus

Haiku n°1

Le vent facétieux
Soulève la jupe brune ;
L’automne est joyeux

Haiku n°2

Petite tortue,
Donne tes œufs au destin !
Comme tant de fois.

Haiku n°3

Il est plus joyeux
D’écrire avec une fleur :
L’hivers, pas de plume…


Comme de l’eau sur une lyre…

Comme de l’eau sur une lyre,
S’épanchent mes plus grands désir,
Mes joie, mes peines, mes idées.
Mon âme se pâme, aliénée.

Quand je noirci le papier blanc
Pour faire parler mes sentiments,
Qu’il soit rayé ou quadrillé
C’est le plus beau des messagers.

Alors laissons choir à l’envi
Les mots nous venant à l’esprit.
Et l’encre coule avec loisir
Comme de l’eau sur une lyre…


Haikus

Note du transcripteur : le texte original du haiku numéro 4 est illisible.

Haiku n°5

Dans tout ce chaos,
Vers la folie salvatrice
Il n’y a qu’un pas

Haiku n°6

Beauté de la pluie
Qui inspire le lyrisme,
Muse nostalgique.


Tankas

Tanka n°1

Les grands patriotes
Se déchirent et se suicident,
Ce depuis toujours.
Quand réaliseront ils
Qu’il n’y a pas de pays ?

Tanka n°2

Quand l’esprit s’éveille
Il se demande toujours
Comment s’élever.
En recherchant la sagesse ?
En accueillant la folie ?


L’Autre côté

La musique
Qui apaise mon esprit
Est silencieuse.

La folie
Est une façon lucide
De vivre la mort.

Quand l’envie
Est plus grande que la peur,
Étrange enthousiasme.


La Solitude

Je regarde au loin.
Tant de papillons passent devant mes yeux,
Mouvement perpétuel.

J’aime rester seul,
Je me plaît dans cet univers infini
Où je suis protagoniste.

Toujours, je médite.
J’aime le gris, neutre, ascète, misanthrope.
Sérénitude complète.


Tankas

Tanka n°3

Chacun a le droit
D’emprunter le long chemin
De la rédemption.
Ne sont pas des monstres ceux
Qui y mettent des barrières ?

Tanka n°4

Le destin est clos.
Même si la route est longue,
Aucune jonction.
Peu valent le vent, la neige,
Le devoir est accompli.


Éminence grise

Il ne parle pas mais mord
Aussi fort que l’autre aboie,
Tous seuls ils sont deux.

Maître de ce qui l’entoure
Préfet de ceux qui l’entourent
Ce pion est un roi.

Voir croire les êtres maîtres,
Mirer vers ces bleus béjaunes,
Se sentir puissant.


Vaguelettes

Doux romantisme

Note du transcripteur : le poème intitulé “Doux romantisme” est en grande partie illisible.

Marche impériale

L’unification
Mène vers la tolérance et le progrès.
Mais trop de grand conquérants
Ont pavé de sang le chemin y menant.

Vaguelette n°3

Ni blanche ni noire,
La routine est grise et elle prend racine.
Le monde, les gens se fanent,
Je me transforme en albinos achromate.

Voie et illumination

Une feuille morte
Voyage sereinement sur l’eau paisible
Visage sans nom, sans voix
Mais qui aime l’autre plus que lui-même


Courteaudes

Art

Regard attentif
Sert à l’analyse.
La contemplation
Doit être éphémère.

Rêves et Songes

Nos rêves déments
Sont un exutoire.
Ce sont les cautères
De notre folie.

Rêves et Folies

Le fou ne sais pas
Qu’il est dérangé.
Le rêveur ignore
Ce qui est réel.


Rêves, réalité et souvenirs

Les sermons aveuglants m’emplissent de frissons,
Mais le soleil radie et réchauffe mon cœur.
Il épanche l’espoir, le rêve et la tiédeur.
Bientôt main dans la main nos désirs brûleront,

L’orage frappe l’horizon de ses éclairs,
Mais la pluie lave mon désespoir et mes craintes.
En chœur nous récitons une douce complainte
Et résonne dans les cieux nos voix de tonnerre.

Nous penchons en arrière un regard nostalgique.
Pour ces jours difficiles où nous semblions morts,
Pour ces moments où nous voulions être plus forts,
Nous arborons un sourire mélancolique.

Poème dédié à la personne qui m’est la plus chère


Haikus

Haiku n°9

Dans la solitude
Mon esprit se chauffera
Entre les deux cieux

Haiku n°10

Boisson de soleil,
Mon âme est une tableau vierge
Qu’il se faut graver

Haiku n°11

D’un jaune éclatant,
Le feu repousse le blanc
Qui cache le pourpre


Note du transcripteur : le reste des textes (estimé à une douzaine de feuillets) est complètement illisible.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s